• JEANNE SULZER

Vladimir Poutine doit-il trembler face à la CPI?

VIDEO - Interview de Carla Del Ponte et de l'avocate française Jeanne Sulzer (à partir de 36 min 06 sur la vidéo)


Après avoir reçu le feu vert de 39 Etats parties de la Cour pénale internationale (CPI), son procureur a ouvert une enquête sur la situation en Ukraine, où seraient perpétrés des crimes de guerre. Le Britannique Karim Khan s'est du reste rendu sur place ces derniers jours.

Cette instance judiciaire qui siège depuis près de 20 ans à La Haye, aux Pays-Bas, est chargée de juger non pas les Etats, mais les individus accusés de génocide, de crimes contre l'humanité, de crimes d'agression et de crimes de guerre.

Ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et de celui pour le Rwanda, la Tessinoise Carla Del Ponte était interviewée dans l'émission Forum. Elle estime en tout cas que des crimes ont bel et bien déjà été commis en Ukraine.


"Certainement des crimes contre l'humanité"

"Ce qui est clair, c'est qu'il s'agit de crimes commis tous les jours. Donc il y a certainement des crimes de guerre et contre l'humanité", a-t-elle relevé. "Sur le génocide, je serais encore très prudente. Il faudra voir quelles preuves on peut récolter".

Sur la question d'un possible procès visant Vladimir Poutine, l'ancienne magistrate relève qu'il faut tout d'abord que l'enquête puisse continuer. "Il faut qu'on ait suffisamment de preuves pour préparer des actes d'accusation contre les hauts responsables politiques et militaires de ces crimes", a souligné Carla Del Ponte.

"Et ensuite, il faut demander à la Cour d'émettre des mandats d'arrêt internationaux. Cela aurait comme premier effet que Poutine ne pourrait plus sortir de Russie, ce qui est déjà assez bien. Mais de le voir devant une cour de la Cour pénale internationale, il faudra voir… Pour l'instant il n'y a aucune possibilité, mais l'Histoire change".


>> L'interview de Carla Del Ponte et de l'avocate française Jeanne Sulzer dans Forum (à partir de 36 min 06) :